La Nuit des Chasseurs

La Nuit des Chasseurs est un jeu de rôles d’Anthony « Yno » Combrexelle. De format « shooter », il propose de jouer des hors-la-loi dans l’ouest américain en 1888. J’ai eu l’occasion de tester la Nuit des Chasseurs vendredi dernier au club. Retours.

Tout d’abord, il faut présenter le format « shooter » car il marque fortement le jeu. Un shooter est un jeu de rôle qui a vocation à être joué pendant quelques parties, sans plus. Cela ne peut pas mener à une campagne, et le contenu de l’ouvrage est trop succinct pour développer davantage (52 pages A5 en tout). Alors bien sûr, l’ouest américain de 1888 peut enflammer l’imagination et lancer un meneur dans l’écriture d’une campagne ou d’un autre scénario. Mais ce faisant, il écrira un volume de pages identiques à celui de l’auteur, voire plus. Ce serait quasiment écrire un nouveau shooter. Et du coup, ce serait quelque peu paradoxal de prolonger l’expérience de jeu en faisant sensiblement le même travail que l’auteur d’origine, règles exceptées toutefois. Lors de notre partie (5h de jeu environ), nous avons vu que le format shooter correspond à une grosse partie de jdr. Je dirais bien une dizaine ou une douzaine d’heures, guère plus. Conséquence immédiate : nous n’avons pas résolu tous les aspects du jeu en séance car nous n’en avions pas le temps matériel. Donc ce jeu ne convient pas pour un « one shot » de durée classique (4-5h), mais il est très bien pour un one shot de 12h ou pour quelques parties de 3h.

Passons au contenu. Le jeu est orienté historique, et exploite les classiques des westerns. Attention, entre un western dont la scène en 1880 et un autre en 1910, il y a des différences de société, de technologie, etc. Mais globalement, le jeu ne cherche pas à faire la morale là-dessus, on passe directement aux dialogues et à l’action. La ville de Désolation est décrite par un plan simple et efficace, les PnJ sont bien sentis, bref, c’est vivant. Du coup, l’incarnation des personnages est aisée car nous avons tous vu plusieurs westerns. A une subtilité près toutefois.

La création des personnages intervient après une courte introduction « cinématographique ». Les joueurs ne doivent pas simplement jouer des hors-la-loi, mais aussi les faire passer pour des US marshalls venus traquer un gang local. Le fait de jouer double jeu est très amusant, sachant que tout le groupe de PJ est recherché et que chacun possède un signe distinctif qui peut le trahir. Il faudra donc donner le change sur la chasse aux autres hors-la-loi tout en cherchant à récupérer un vieux magot, véritable raison de la présence du groupe sur place. Tout cela est traduit par des éléments dans la feuille de personnage : le vrai nom, le nom d’emprunt, le rôle en tant que marshall, la motivation à long terme (qu’est-ce que je ferai de mon fric ?), l’apparence physique du personnage, son signe distinctif. Quelques mots suffisent à chaque fois ce qui aboutit très vite  des personnages marqués et hauts en couleur. Exemple ? Le hors-la-loi d’origine belge qui endosse le rôle du marshall irlandais… Rien qu’avec les expressions et les accents, il y a eu de nombreux moments cocasses !

La partie technique du jeu est à l’image du reste : simple et efficace. Il y a 10 caractéristiques appelées aptitudes dans lesquelles on doit distribuer des valeurs comprises entre 1 et 6. Ces valeurs représenteront le nombre de D6 que l’on pourra jeter ensuite lors des tests. Lors d’un test, seul les dés indiquant 4 ou plus sont intéressants : pour chacun d’eux on compte une réussite. Comme la difficulté moyenne est à deux réussites, on comprend assez vite qu’avec une aptitude à 1, il sera impossible de réussir un test. C’est là que les spécialités interviennent : elles permettent de relancer des dés et d’améliorer son score. Il est aussi possible de consommer un point « de panache/héroïsme » (je ne me souviens plus du nom exact) afin d’obtenir une réussite automatique en plus. Grâce à cela, le jeu gagne en dynamique, en rebondissements amusants et la narration de la partie s’en trouve plus vivante. Je note tout de même quelques spécialités peu utiles (pousser et tirer des charges) alors que d’autres sont très polyvalentes (mécanique qui autorise le bricolage). Ce déséquilibre n’est pas très heureusement pas très gênant si le groupe est bien conçu. D’ailleurs, créer 5 personnages nous a pris seulement 15 minutes, en prenant notre temps !

Enfin, tous les personnages ont seulement 6 points de vie. Logique, on joue des humains normaux, et quelques balles dans la bidoche font mal de la même manière à tous. Globalement, j’ai trouvé le système bien foutu. On perd pas de temps dans des options complexes sans fin. Ça marche et on se concentre sur le jeu, le roleplay et la progression de l’intrigue.

Il est pratiquement impossible de parler plus du jeu sans risquer de dévoiler des éléments importants. Le seul gros défaut de la Nuit des Chasseurs à mon sens est la rejouabilité. Le format shooter ne permet pas d’y revenir avec une nouvelle histoire. En somme, le gros avantage du format shooter de pouvoir jouer rapidement une histoire riche pendant une durée quasiment bornée est aussi son plus gros inconvénient en empêchant d’y revenir plus longuement. Cela dit, le mieux est encore d’y jouer, sachant que ce sera l’occasion de bons moments.

 

 

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